Pouzols est le diminutif de "potz" mot occitan
qui veut dire "puits". Mot qui continue le latin "puteus".
Un "pozol" est un petit puits. Il y a sur le territoire de
Pouzols beaucoup de puits, mais peu abondants, la plupart alimentés
par ruissellement ou par captage de sources avoisinantes.
L'un d'eux dit le "Puits d'Amon", va avoir dans l'histoire
du village une importance primordiale.
Pouzols a beaucoup souffert de pénurie d'eau jusqu'au fameux
forage creusé à 350m. de profondeur, il y a une quarantaine
d'années dans les tènements de "Fontalières".
D'autres ont pensé à "Potz Oli" signifiant en
occitan "puits d'huile", mais ceci est moins vraisemblable
malgré la culture intensive plus que millénaire de l'olivier
sur son territoire.
Commentaire supplémentaire
hors ouvrage:
On peut aussi signaler l'interprétation de l'origine du nom Pouzols
qu'en fait Jean Taffanel, bien connu pour les recherches qu'il a menées
conjointement avec sa sœur Odile sur le Cayla de Maihac. Il pense
que la forme Podiolz qui signifie "petit pech" serait plus
vraisemblable étant donné que le village ainsi que le
Pouzols situé dans l'Hérault sont situés sur de
petites hauteurs.
-Un siècle avant la naissance du Christ, la région sud
du Massif central et de la Montagne Noire est partiellement et localement
occupée et depuis des centaines d'années par des peuplades
gauloises assez rustiques, d'origine ibères, celtes ou volques
tectosages.
C'est alors que le général romain Domitius Ahenobarius
qui poursuit son invasion pacifique du sud de la Gaule fonde Narbonne
en 118 av. JC. Afin d'assurer à l'Italie un débouché
pour ses productions agricoles ou artisanales et faciliter le passage
des armées, le général va y créer des routes.
Grâce au travail de milliers d'esclaves indigènes, la "Via
Domitia" reliera Rome à l'Espagne par Narbonne, la capitale
de la Gaule.
-A partir de Capestang, il fait tracer à travers une région
qui va prendre le nom de Minervois (vocable de la déesse de la
sagesse), une voie directe la "Via Tolosana". Et les siècles
suivants cet important itinéraire de circulation sera encore
prolongé au départ de Narbonne, pour permettre de joindre
cette capitale à Bordeaux et sera connue sous le nom de "Via
Aquitana".
-Après le passage à gué pavé du torrent
"Répudre" (Rec Pudre), cette voie en direction de Toulouse,
atteignait à un mille environ (*1), la "Peyre Plantado".
Cette "Pierre Plantée" au carrefour du "Cami Narbones",
(Narbonne ¬Minerve), et d'un chemin de raccordement en direction
de Mailhac est restée depuis plus de deux millénaires,
un point stratégique.

Lieu-dit: la Pierre Plantée.
-Limite territoriale des quatre communautés de
Pouzols, Paraza, Olonzac et Oupia, elle fixe depuis 1318, la frontière
entre l'archevêché de Narbonne et l'évêché
de St Pons de Thomières et depuis la révolution française,
celle des départements de l'Aude et de l'Hérault.
L'antique "Via Tolosana" aura un rôle capital dans la
vie du village de Pouzols en Minervois. Si elle participa à sa
création, à son activité, à sa prospérité
en lui apportant la vigne et l'olivier, elle fut hélas pour ce
village, souvent la cause de bien des tourments.
Pendant tout le moyen-âge cette voie romaine, devenue en occitan
"Grand Cami" est aussi connue sous le nom de "Cami Roumieu".
En effet, dès le début du Xème commence à
se manifester la puissance et le rayonnement spirituel des communautés
religieuses et en même temps se développent les pérégrinations
dans les deux sens de nombreux pèlerins allant ou revenant de
Rome, les "roumieux", ou de Santiago de Compostelle, les "jacquaires".
Devant leur affluence et sous la poussée du clergé, on
va édifier pour eux, à faible distance du gué du
Répudre, une chapelle St Estève placée sous le
patronage de St Etienne ainsi qu'un cimetière connu sous le même
vocable réservé aux pélerins qui meurent en route.
Et ce gué qu'on appellera "la Bégude" deviendra
une étape essentielle sur le "Cami Roumieu". Ici vont
se construire plusieurs "logis" (hostelleries), où
les voyageurs à pied ou à cheval trouveront moyennant
redevance: abri, nourriture, repos et réconfort. L'un d'eux sous
l'enseigne du "Coq d'Or" fournit le coucher et le vivre; il
s'ouvre sur un "cabaret" ( cour fermée pour abriter
les bêtes de somme, les voitures et les bagages, mais aussi les
troupeaux de passage.)
-Un édit du roi Henri IV de mars 1600 ayant prescrit de franciser
les noms propres en langue occitane, le "Gran Cami" sera proclamé
officiellement "Grand Chemin Royal".
-A la fin du règne de Louis XV, son tracé sinueux, qui
épousait les déclivités naturelles, est déplacé,
redressé, modernisé, le revêtement de la chaussée
est mis au goût du jour et bordé de platanes. Le Répudre
est enjambé par un pont à trois arches, toujours connu
sous le nom "des Trois Ponts" il est redouté de nos
jours par les automobilistes.
-Les voyages en barques du Canal des
Deux Mers eux-mêmes étant jugés trop lents et peu
confortables, au "Pla de Pouzols" on bâtit des "Auberges",
relais mieux appropriés aux voyages modernes et rapides des diligences
et de la poste que les archaïques "logis" du gué
de la Bégude.

Le gué actuel, sous le camping
Au début du XIXème siècle ce "Ci-devant Grand
Chemin Royal" prendra définitivement le nom de "Grand
Route" ou "Départementale 5".
-Avant, pendant l'occupation romaine ou aux tout premiers temps de notre
ère, avait été aménagé à partir
du très antique oppidum de Mailhac, porte d'accès vers
la Montagne Noire, un chemin carrossable en direction de l'ouest. Le
"Cami Carcasses" longeait les flancs du "Pech du Camplong"
plus connu de nos jours sous les noms de "Serre d'Oupia" ou
simplement du "Pech" et rejoignait la Via Tolosana, nous l'avons
vu, à l'embranchement de "la Peyre Plantado".
-Depuis l'époque romaine, il existe en bordure de ce chemin un
grand bassin de forme carrée bâti en pierres de taille
de gros appareil, la "Source des Casca1s" et dans ses environs
immédiats, à proximité des traces d'une "villa
romaine" et de quelques silos à grains enfouis dans le sol,
un vieux puits, dit "Puits d'Amoun".

Ce Puits d'Amont (ou d'en haut) ainsi que les "Cascals"
sont alimentés en eau par le ruisseau du même nom, mais
surtout, par d'anciennes canalisations en poterie captant l'eau d'une
source d'un autre ruisseau dit de la Bouissède à environ
1 km. au nord-est.
Il faut noter en ce lieu, le seul vestige local de l'implantation des
Visigoths, une misérable nécropole avec ses tombes en
tuiles recouvertes de dalles de pierres blanchâtres, sépultures
en pleine terre, qui fut découverte en 1980 aux "Cascals"
.(*2)

La source est sous le grand pin au
centre
-Aucune trace de l'occupation sarrasine sinon une vieille
légende guerrière composée entre 1100 et 1125 par
un clerc anonyme de l'Abbaye de La Grasse. Trois siècles après
le succès de la première campagne espagnole contre les
arabes, qui avait permis au début du IXème d'étendre
le royaume des Francs au delà de l'Ebre; on pensa qu'il fallait
faire oublier le drame de l'arrière-garde du comte Roland à
Roncevaux et apporter une aide à la "Reconquista",
en engageant les vicomtes et archevêques de Narbonne à
participer en personne aux nouveaux combats qui allaient être
livrés par les royaumes chrétiens aux maures en Espagne.
Le récit de ces hauts faits (voir en annexe) concernent à
la fois, la cité de Carcassonne et la barrière montagneuse
du "Pech du Camplong" ou "Serre d'Oupia", qui coupe
en deux le Minervois et dont le sommet, le "Mont Segonne",
domine de ses 288 mètres le village de Pouzols fondu dans une
mer de vignobles et d'oliveraies.
A l'endroit où le Cami Carcasses franchit à gué
le ruisseau de "la Bouissède" (bois de buis), sur une
butte qui aurait pu être un oppidum à l'époque romaine,
voire même un haut lieu de culte ou funéraire dans l'antiquité,
un monastère ou prieuré avait été fondé
au début du Xème siècle sous le vocable de "San
Faveo". De ce couvent carolingien, il ne reste que quelques ruines
et un puits profond. Seul un oculus creusé dans une pierre monolithe,
semblerait nous indiquer le chevet de sa chapelle préromane.
-Selon la tradition, à l'époque médiévale,
un autre couvent ou simplement une dépendance du monastère
aurait existé à 1/4 de lieue dans la plaine, et serait
à l'origine de la création du "Puits d'Amon".
-Pendant les XI et XIIème jusqu'à la Croisade contre les
Cathares, une partie du terroir de Pouzols relevait des Seigneurs de
Pépieux, vassaux du vicomte de Narbonne. Les vicomtes de Narbonne,
tenant leur vicomté à titre de fief du comte de Toulouse
qui était lui-même vassal du Roi de France.
Guiraud de Pépieux s'était démis en 1095 d'un alleu
à "Camplong" dans le terroir de Pouzols en faveur de
Pierre de Minerve Vicomte de Narbonne, puis en 1113 avec sa femme Guillemette
avait donné au Chapitre de St Just de Narbonne le quart de ses
biens de Pouzols pour faire admettre leur fils Géraud comme Chanoine
dans ce Chapitre.
-En 1191 Ermengarde vicomtesse de Narbonne avait donné à
Arnaud de Ste Valière tout ce qu'elle avait encore à Pouzols
en y comprenant la justice moyenne et basse.
-En 1270 Arnelius de Ste Valière rendra hommage au roi de France
Philippe III le Hardi.
Par la suite le roi y concédera en fiefs beaucoup de ses droits
seigneuriaux, y recevra des hommages, mais y conservera toujours le
droit de haute justice qui confère seul à son détenteur
le titre de "Seigneur du lieu".
-Le roi restera jusqu'à la révolution, "Seul Seigneur
à Pouzols" et le domaine royal qui comprend tous les biens
et droits que le roi s'est réservé sera représenté
sur place par deux consuls élus chaque année par la communauté.
Plusieurs conseigneurs engagistes du roi se partageront le pouvoir :
1) le fief de l'Eglise dont la gestion sera confiée au recteur
de la paroisse.
2) l'Abbaye de Fonfroide qui conservera pendant tout le moyen âge
un droit de leudes (droit de circulation sur les marchandises), acquis
d'Olivier de Termes en 1257, au passage de la rivière Répudre.
3) Le Chapitre de St Just et St Pasteur de Narbonne avec le fief dit
du "Purgatoire".
4) Un fief de la Commanderie de St Jean de Jérusalem, dont les
redevances annuelles de terres cultivables, ainsi que des dons et legs
qui lui seront faits, assureront le fonctionnement de l'Hôpital
de la Charité. Deux habitants du village désignés
par la collectivité, les "caritadiers" seront investis
de sa gestion.
5) le fief patrimonial de la maison de Ste Valière qui passera
à la fin du XIVème siècle dans les mains de Jean
de Vintrou puis en 1428 dans celles de Jean de Lectis seigneur de Puissalicon,
Paraza et Villa des Ports. Enfin Bernard de Troquy, damoiseau, Sgr d'Ornaisons
achètera à ce dernier le fief héréditaire
de Pouzols le 14 décembre 1437 moyennant le prix de 350 écus
d'or.
Ce domaine patrimonial ne sera plus jamais vendu, et se transmettra
naturellement de générations en générations,
par voie directe ou alliances. La dynastie des Ramejan en héritera
en 1464, suivie de celle des Scoperier; dont le patronyme se transforma
en d'Escouperie de la Gardie au XVIlème, lorsque un aventurier
cadet de la famille fut devenu célèbre en Europe du Nord
et à la Cour de France, sous le nom de guerre de Pontus de La
Gardie. Ce domaine patrimonial passera ensuite successivement aux d'Olivier
de La Gardie, ensuite aux Gailhac de La Gardie et enfin depuis le début
du XVIllème dans les mains des Fournas barons de Fabrezan.
-Dans la deuxième moitié des années mille s'était
créée, autour du "Puits d'Amon" une bourgade
qui sera mentionnée en 1157 sous le nom de "Villa Sanctus
Saturninus de Pouzols", au vocable de son église paroissiale
dédiée à Saint Saturnin.
A l'autan la tour du donjon du château du seigneur du lieu Guiraud
de Pépieux, faisait pendant au clocher de l'église. Une
autre tour de guet au cers, protégeait l'unique porte d'entrée
s'ouvrant en direction du Cami Carcasses (Mailhac-Carcassonne). Le tout
était cerné par une longue muraille de défense.

cachée derrière le muret, les vestiges
de l'ancienne tour. Après le cimetière, à
gauche, au bout du parc.
-Au printemps 1095 est prêchée par le pape Urbain II à
Carcassonne et à St Pons la première croisade pour aller
défendre le tombeau du Christ tombé aux mains des infidèles
en "Terre Sainte". Raymond de St Gilles comte de Toulouse
prend la tête d'une des armées: 4500 chevaliers, 3000 fantassins,
10000 auxiliaires civils ou pèlerins non combattants, écrit
un chroniqueur de l'époque.
Guiraud de Pépieux y participera ainsi que la plupart des Seigneurs
du midi.
L'Ordre hospitalier de Saint Jean de Jérusalem, quelques années
plus tard, fondera sur le monticule situé au sud du coté
de la chapelle Saint Etienne, un hôpital dit de "la Caritat"
(de la Charité) où l'on soignera pendant des siècles,
les indigents, les mendiants et les roumieux accidentés ou malades.
Les morts de l'Hôpital seront enterrés au cimetière
St Etienne. Cette vieille bâtisse connue de nos jours sous le
nom de "Maison des Escaliers" daterait de 1142. Quand les
maçons y ajoutèrent un étage en 1742, ils crurent
bon, sur le linteau agrémenté d'une fleur de lys de la
grande salle voûtée, de modifier la date de 1142 en 1742
... il faut dire à leur décharge, que le vieil "Hospital"
ne fonctionnait plus depuis 1683, soixante ans. plus tôt!

Le linteau fleurdelisé de l'ancien hôpital
-Fin juillet 1209, après l'horrible massacre de Béziers
l'armée des croisés marchant sur Carcassonne emprunta
le Grand Cami. Le Seigneur du moment sur place, Géraud de Pépieux
(petit-fils de Guiraud), qui avait épousé Alix de Minerve
se rallia sincèrement à la cause de la croisade et se
lia même d'amitié avec Simon de Montfort, qui lui confia
la garde de plusieurs châteaux, dont Olonzac.
Un incident malheureux les sépara tragiquement: Un des chevaliers
de Simon ayant tué un oncle de Géraud à qui celui-ci
tenait beaucoup, le comte Simon de Montfort fit saisir et enterrer vivant
le meurtrier. Géraud aurait du se contenter de ce châtiment
excessif, mais pour se venger lui-même, il alla mettre le siège
devant Puisserguier et s'empara de deux chevaliers commis à la
garde du château. Il enferma aussi dans la basse-fosse d'une tour
50 soldats de la garnison, sur qui il fit jeter des matières
inflammables, mais traqué par Simon, il n'eut pas le temps de
réaliser son monstrueux dessein. Poursuivi par le comte il fut
contraint de se réfugier dans le nid d'aigle de son beau-père
Guilhaume à Minerve. Là, il déchargea sur les deux
chevaliers sa fureur : il leur fit arracher les yeux, couper le nez
et les oreilles et la lèvre supérieure et les renvoya
ainsi à Carcassonne, tout nus dans une nuit glaciale de décembre
de l'an 1209.
La vengeance de Simon de Montfort fut immédiate, les biens des
Pépieux confisqués. "Villa Sanctus Saturninus Pouzolis"
pillé, ravagé, le château rasé. II ne laissa
que l'église et une tour démantelée du donjon comme
témoin durable de sa justice.
-Sous le régime féodal, l'histoire d'une terre est celle
de son seigneur. Les histoires des Pépieux et celles des Narbonne
ne seront plus celle de Pouzols. En 1218 Simon est tué devant
Toulouse, et son fils Amaury qui n'avait ni sa fougue ni ses talents,
battu, miné, vint en février 1224 faire abandon au roi
de France Louis VIII de tous les droits accordés à son
père.
Vraisemblablement sous l'impulsion d'Arnaud de Sainte Valière,
la population va construire quelques habitations resserrées autour
d'un nouveau château fort; un "castrum" qui sera parfaitement
protégé contre les ennemis de l'avenir, au sommet du piton
rocheux voisin, dominant le Grand Chemin.
La porte d'accès vers l'autan, sera protégée par
une échauguette au sommet du donjon et par une grosse tour carrée
de gué. Pouzols pour mieux se défendre, se rapproche sensiblement
et se tourne définitivement vers le "Grand Cami", mais
l'église Saint Saturnin, dont on s'éloigne, restera cependant
et pour toujours l'église paroissiale du nouveau village.
Plus tard, pour plus de commodités, une nouvelle église
dédiée à St Martin sera édifiée dans
le fort qui sera complété par des faubourgs fortifiés
par des remparts et fermés par plusieurs portes. Les citernes
ne suffisant pas pour l'approvisionnement en eau on devra creuser un
nouveau puits "le Puits d'Aval" aujourd'hui disparu.
-Les XIVème et XVIème siècles furent
marqués à Pouzols par des événements malheureux,
la peste, la famine et en 1355 le raid du Prince Noir à qui l'ou
doit attribuer probablement, sinon aux bandits des Grandes Compagnies,
la destruction de la vieille chapelle des pèlerins St Etienne.
-En 1585 au cours des Guerres de Religion, les Huguenots
mirent le feu aux églises de Bize, Mailhac et à l'église
St Saturnin de Pouzols. Le clocher de l'église paroissiale à
demi détruit ne pourra être réparé qu'une
centaine d'années plus tard. Mis au goût du jour, il sera
exhaussé surmonté par une flèche en pointe et éclairé
par des ouvertures pseudo-gothiques.
Le nouveau village mis à l'abris de ses remparts fut heureusement
protégé de tous ces fléaux.
-La paix revenue, en 1650, la vieille tour démantelée
par Simon de Montfort, qui avait fait pendant au clocher pendant plus
de 400 ans, fut détruite volontairement par Jean d'Escouperie
de La Gardie pour céder la place à un nouveau château
et sa "ménagerie". (*3)
-Le 2 janvier 1660, la
reine-mère Anne d'Autriche, Louis XIV, la Grande Mademoiselle,
le Cardinal Mazarin et la Cour, entre Pennautier et Béziers,
firent une étape et après avoir été reçus
en grandes pompes par les consuls, les dignitaires ecclésiastiques
et les notabilités locales, couchèrent dans différents
lieux de Pouzols.
Le Traité des Pyrénées, si important pour notre
Languedoc, venait d'être signé avec l’Espagne dans
l'Ile des Faisans en Gascogne et "Leurs Majestés" et
la Cour se disposaient à passer quelques mois à Aix en
Provence, avant le mariage prévu pour juillet, du Roi avec l'Infante
Marie Thérèse d'Espagne à Saint Jean de Luz.
" Le 28 Brumaire de l'An 2 de la République
Française une et indivisible, dans le lieu de Pouzols, à
l'heure de midi, le Conseil Général de la Commune assemblés
sur la Place de la Liberté, en exécution de l'article
6 de la loi du 17 juillet dernier, il a été procédé
au brûlement des titres constitutifs et recognitifs des droit
féodaux supprimés, ainsi que plusieurs tableaux à
effigie royale, et autres effets relatifs à l'ancien régime
féodal. De tout quoi nous avons dressé le présent
procès verbal, pour servir et valoir en tant que besoin. Ils
se sont signés les citoyens, maire, officiers municipaux, procureur
de la Commune et notables : Boutes maire, Amans officier, Pieux procureur
de la commune, Monié, Frances, Ferran, Boucard, tous notables".
Combien de documents précieux ont disparu ce jour là dans
le feu de la liberté allumé sur la place? ... Combien
de blasons sculptés au dessus des portes des habitations des
notables, furent grattés et mutilés? Néanmoins
on peut dire que mis à part ces quelque troubles et quelques
adjudications foncières de biens nationaux, Pouzols traversa
la période révolutionnaire sans encombre.
-Le 24 octobre 1769 naquit à Pouzols de
Pierre et Marie Anne Combes, Jean François Delort.
Incorporé à l'armée du Midi en 1792, ce personnage
eut une éblouissante carrière militaire. D'abord dans
l'Armée d'Italie; puis il servit au 18 Brumaire sous les ordres
de Lefebvre. En 1807 au 4 ème corps de la Grande Armée
il fit Eylau et Francfort sur l'Oder. Devenu Chef d'état major
de la 1ère division d'infanterie (Morand) à l'Armée
du Rhin il servit en Autriche. Le 14 avril 1810 il fut nommé
par Napoléon Baron d'Empire et en 1812 Général
de brigade, il servit en Russie à la 1ère division d'infanterie
du 1er corps de la Grande Armée. Jean François Delort
de Gléon fut tué à Wilna devant la porte de Kowno.
Ce brillant officier, fils d'un "brassier" pouzolais, n'eut
jamais l'occasion de revoir sa famille et son village, les obligations
de sa profession militaire en furent certainement la cause. Est-ce une
raison suffisante pour que, sur place, sa mémoire soit malheureusement
un peu tombée dans l'oubli ?
-La vie économique locale jusqu'à la révolution
était essentiellement agricole, (oliviers, blé, froment,
orge, vignes) et pastorale (troupeaux dans les "vacants").
Quelques vignes de muscats et "mauzagues" étaient déjà
cités dans les "compois" et dénombrements du
XIVème siècle.
Progressivement, avec le développement des transports, les céréales
aux récoltes trop aléatoires ont progressivement disparu
au profit de la vigne.
-Le terroir viticole de Pouzols Minervois délimité
en Appellation d'Origine Contrôlée a acquis une certaine
notoriété. Grâce aux efforts des vignerons dans
leur vignoble et dans leurs chais, la réputation méritée
et la renommée de leurs vins de qualité n'est plus à
faire.
Depuis le début des années 50 la population de Pouzols
s'efforce de développer le tourisme local qui s'avère
être un complément non négligeable à la monoculture:
reboisement en résineux du Pech, restauration de l'église
St Saturnin, création de restaurant, gîtes, chambres d'hôtes,
terrains de camping, piscines, sentiers de randonnées etc.
(*1) un mille romain représentait 1 km 500 environ.
(*2) au sujet de la découverte des Cascals de 1980 "Une
nécropole du haut moyen âge" de M. Barou Robert à
Archéologie en Languedoc 1987 n04, page 147 à 156.
(*3) ménagerie: exploitation agricole avec cave et écuries
et logements du personnel
Patrimoine religieux de la commune de POUZOLS MINERVOIS.
-L'église paroissiale St
Saturnin de la fin du XIème siècle, du Premier Art
Roman Languedocien, avec son clocher et son abside romane de style lombard
et sa porte des morts dans le cimetière, classée Monument
Historique le 4 décembre 1961. Elle abrite une "vierge à
l'enfant" en pierre polychrome du XVI ème siècle,
ND de la Fontsalce, classée à l'inventaire des Bâtiments
de France. Cette vierge miraculeuse est pieusement invoquée par
les Pouzolais en période de sécheresse.

Dans le fort, restes de l'église désaffectée St
Martin avec son oculus à l’ouest et ses ouvertures gothiques
à l’ouest..
La croix de la mission de 1863
Les ruines du monastère carolingien de San Fabeo qui surplombent
le ruisseau de la Bouissède
Son patrimoine historique et touristique
-Le village fortifié sur son éperon rocheux avec son chemin
de ronde et ses remparts.
-Les vestiges du fort moyenâgeux : la grosse tour carrée
de gué servant de protection de l'entrée sud, la maison
du Chapitre de St Just (bureau de poste), le donjon.
-La fontaine de la Place de la
Rosée image vivante de la distribution d'eau à la
fin du XIXème.
- L'ancien "Hôpital de la Caritat" avec
sa grande salle voûtée et son linteau de porte fleurdelisé.
Plusieurs demeures du XVIème de style renaissance enjolivées
de fenêtres à meneaux.
-Près de l'église Saint Saturnin, le château actuel,
édifié par François de Gailhac de La Gardie au
XVIIIème, avec quelques traces des précédents châteaux
des 11 ème et 17ème siècle ainsi que les bâtiments
de sa "ménagerie" construite au milieu du XVIlème
siècle.

Entrée principale du château.

croix de la mission et ménagerie
du château.
-L'antique et fameux "Puits d'Amon", qui porte la date d'une
restauration: 1619, la porte d'accès et la tour de guet, tournées
vers le Pech du Camplong et le "Cami Carcasses" témoins
du premier village de Pouzols au Xlème siècle "Villa
Sanctus Saturninus,
Sur le Cami Carcassès, à proximité de la nécropole
visigothique, la source romaine des Cascals.
-Un moulin à vent aux Bousquets et un pigeonnier du XVIème

-La
cave coopérative des "Coteaux de Pouzols" avec
ses chais de vieillissement creusés dans le roc et son accueillant
"Jardin de Bacchus" avec sa collection des différents
cépages méridionaux.
-Près du gué de la Bégude les deux ponts romains,
les "Pontils" de l'antique Via Tholosana.

pont présumé romain
-Le village résidentiel du "Soleil d'Oc" créé
à la fin du XXème siècle.
-Le tronçon du sentier de grande randonnées GR7 (Aigoual-Canigou)
qui franchit gaillardement le Pech.
-Plusieurs agréables
randonnées pédestres ou VTT (vélo tout terrain)
à travers le vignoble, la garrigue parfumée et les boisements
de résineux.
-Le Parc d'éoliennes, nos moulins à vent modernes dus
à l'écologie du troisième millénaire.
.jpg)
Charles de Foumas avril 2007
Annexe
"Epopée à la Gloire de l'Empereur Carolus Magnus,
à la Barbe Fleurie", qui avec deux armées victorieuses,
dont l'une sous les ordres de son gendre le Duc Bernard Vicomte de Narbonne,
en l'an 778, repoussa les arabes et étendit le Royaume Franc
jusqu'à l'Ebre.
C'est cette même année 778, que fut fondé le Monastère
de Ste Marie de l'Orbieu qui allait devenir la prospère et célèbre
Abbaye Bénédictine de La Grasse.
Le moine raconte que « Charlemagne Roi des Francs et des Lombards
attaquait depuis cinq ans la forteresse Sarrasine de Carcassonne. Le
Prince Balaach, qui commandait la place était mort. Sa femme
prit la défense de la place assiégée. Quand tous
ses soldats furent tués, elle plaça aux créneaux
des hommes de paille et faisant le tour des remparts avec les bonnets
des morts, elle décochait des traits à chaque meurtrière
sur l'ennemi. elle l'abusait ainsi et faisait croire à une garnison
nombreuse. Elle fit manger à un pourceau tout le blé et
le jeta sur les assiégeants. Charlemagne lève le siège.
Elle le rappelle avec l'olifant. On l'avertit "Dame Carcas te sonne"!
C'est alors que la tour Pinte s'incline devant l'empereur qui l'emprunte,
comme d'un pont-levis, pour pénétrer dans la forteresse.
Dame Carcas eut l'habileté de soumettre sa ville au Grand Empereur,
se convertit à la religion chrétienne et épousa
un gentilhomme du nom de Roger, d'où allait descendre la dynastie
des Roger Comtes de Carcassonne. Charlemagne continue sa poursuite des
Sarrasins et fait une étape sur le "Camp long" pour
regrouper ses troupes. Roland saisit la fronde, prend son élan
et lance vers le couchant un galet plat, appelé lauze.
C'est ainsi que naquit ce qu'on appelle le ''Dolmen du Mourrel des Fados.»
Charlemagne et ses preux ont-ils emprunté le Grand Chemin? ...-
ce n'est pas certain !...
Il existe encore de nos jours, au pied du Mont Segonne, à quelques
toises de la "Pierre Plantée", un lieudit "La
Garde Roland" qui fait vivre la mémoire du passage de l'arrière
garde du célèbre neveu du grand monarque à la barbe
fleurie. .. .
Quant au "Dolmen des Fées" de la légende il
est également toujours en place à une dizaine de kms.
du coté de Pépieux.
Marquier Jean-Pierre (extrait
des archives de l'Aude)
Préfet du département
de l'Ain, maître des requêtes au conseil d'Etat, chevalier
de la Légion d'Honneur.
Né à Pouzols(Aude) le 4 septembre
1798, il fit d'excellentes études au collège de
Sorèze (1813/1815), puis alla suivre les cours de Droit
de la faculté de Toulouse; il fut reçu licencié
dans cette ville en 1919. Considéré sous la Restauration
comme l'un des principaux chefs de l'opposition libérale
en Province, il reçut, après le glorieux triomphe
de Juillet 1850, le titre de Sous Préfet de Muret (Haute
Garonne). Ce ne fut qu'à force de persévérance,
de conciliation et cependant de fermeté, qu'il parvint
à établir l'ordre le plus parfait dans une contrée
où la Révolution n'avait trouvé que peu de
sympathie; le talent qu'il déploya à cette époque
difficile l'ayant bientôt fait remarquer par l'administration
supérieure, il fut décoré de l'ordre de la
Légion d'Honneur en 1833.
Appelé en 1836 à la préfecture de l'Aveyron,
il passa au bout de 6 mois à celle de l'Ardèche,
puis à celle du Vaucluse en 1840; dans ce dernier département
où les passions politiques étaient encore d'une
violence extrême, il sut constamment faire respecter son
administration loyale.
M. Marquier a été nommé préfet de
l'Ain et Maître des requêtes en 1843; c'est un de
ces hommes habiles et désintéressés qui honorent
le gouvernement dont ils sont les dignes représentants.
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